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Annaba : ENTRETIEN EXCLUSIF - Le Consul général de France à coeur ouvert

Publié le 02/04/2015
Le Consul général  de France  à coeur ouvertL’Est Républicain : Monsieur le Consul Général, vous allez bientôt boucler une année à la tête du Consulat Général de France à Annaba. Pourriez-vous nous dresser un premier bilan de vos activités ainsi que des activités du Consulat Général de France ?

Franck Simaer : 

Traditionnellement, les activités du Consulat Général de France comprennent  la protection des citoyens français, la délivrance des visas aux citoyens algériens, et, beaucoup plus qu’auparavant, un volet économique et ce, depuis que le ministère français des Affaires étrangères s’est vu rattacher le commerce extérieur et le tourisme. Ce dernier aspect est pour moi une de mes priorités que j’ai commencé à approfondir méthodiquement dès mon arrivée. 

Comment voyez-vous votre mission au sein de la circonscription consulaire de Annaba ?

Ma mission est une mission traditionnelle de Consul Général, c’est-à-dire que,  je dois œuvrer à la protection des citoyens de mon pays qui sont ici en Algérie et plus particulièrement dans cette circonscription consulaire. Je dois viser les passeports des citoyens étrangers, donc ici principalement des Algériens, historiquement, je m’occupe aussi de commerce. Si au niveau de l’ambassade, ce sont les relations bilatérales, politiques, économiques et culturelles à l’échelle  nationale,  le Consulat Général  œuvre localement, c’est-à-dire pour une région ou une sous-région, comme ici, à Annaba ; la circonscription consulaire dont j’ai la charge correspond à 14 wilayas du Nord-Est de l’Algérie. Le Consulat Général exerce dans des domaines précis comme le commerce, l’économie, les relations avec les maires ou les walis.

Le service des Français et le service des visas sont désormais affectés chacun dans un bâtiment différent. Cette nouvelle organisation n’a-t-elle pas impliqué des difficultés d’organisation sur le plan logistique ?

C’est une bonne question, puisque c’est une question que se posent de nombreux Algériens. Mais il est important, je crois, de préciser, que TLS Contact est une entité différente du Consulat Général. Je rappelle ici que TLS Contact est une société privée qui a obtenu une concession d’un service externalisé de l’Etat français, en l’occurrence ici,  la possibilité, contre rémunération, de recevoir les dossiers de demande de visa mais sur un plan uniquement physique ; il s’agit en effet de mettre en forme en les vérifiant  tous les documents qui figurent dans le dossier, en prenant les empreintes, la photographie etc. Le lendemain, systématiquement, une voiture vient apporter toutes les demandes ici même au Consulat Général. La société TLS Contact dispose donc d’un personnel privé et complètement distinct de celui du Consulat Général et surtout n’a aucun pouvoir de décision. Il s’agit simplement de mise en forme et de réception parce qu’on a pensé que dans beaucoup de pays, et pas seulement en Algérie, notamment à Moscou où j’ai servi, il était beaucoup plus digne de recevoir les demandeurs dans des conditions comme à TLS Contact, ou à Moscou sur 1 000 m2 de plateau ; avant il arrivait fréquemment que les demandeurs attendent sous le soleil ou dans le froid, avec des queues qui commençaient à 3 heures du matin. Je pense que tout le monde y a gagné en qualité de service.  Désormais nos consulats peuvent se concentrer sur le fond et ainsi traiter plus de dossiers.

Quels genres de relations entretenez-vous avec les autorités locales algériennes ici même à Annaba et à travers toute la circonscription consulaire ?

Là aussi, c’est une bonne question en ce sens que nous  avons des relations privilégiées avec la wilaya et avec le maire de Annaba dès lors que le consulat se trouve situé en ville. Ceci étant dit, je suis accrédité pour 14 wilayas, donc je n’oublie pas les 13 autres qui comptent autant que Annaba et pas moins, que ce soit El-Tarf, Biskra ou Batna où je me rendrai prochainement ; ces wilayas ne sont pas oubliées pour autant, loin de là. J’ai déjà  effectué quelques déplacements, notamment à Souk-Ahras et  à Constantine où je me suis rendu plusieurs fois et dont je connais le maire, le wali, la société civile et les hommes d’affaires. Dans chacun de ces déplacements, je compte à chaque fois, suivant le même modus operandi, rencontrer les autorités locales, (le wali, le maire, les recteurs) mais aussi le monde des affaires  et pourquoi pas, rencontrer, et ça serait une nouveauté, les internautes qui nous font l’honneur de nous suivre sur notre page Facebook ; ceci nous ferait un peu sortir des chemins battus. 

La ville de Annaba est jumelée avec le chef-lieu du département français de la Loire, Saint-Etienne. Cependant, aucun projet ne semble avoir réellement émergé. Quelles sont les perspectives en vue pour ce jumelage, dans les mois et les années à venir ? 

En fait, Annaba est jumelée avec deux villes françaises, Saint-Etienne et Dunkerque. Avec cette dernière, il y a eu plusieurs manifestations d’ordre culturel, avec des classes déconcentrées qui sont venues ici. Pour Saint-Etienne, cela fait plusieurs années, avant que je n’arrive, que l’on travaille au rapprochement. Du 13 au 16 décembre dernier, il y a eu ici à Annaba un salon du bâtiment et des travaux publics, en présence d’une importante délégation venue de Saint-Etienne. Le maire de Annaba et le président de la Chambre de Commerce de Annaba sont actuellement à Saint-Etienne (interview réalisée le 12 mars dernier, ndlr). La France et notamment les PME de Saint-Etienne, dans le domaine du BTP, comptent faire une offre très intéressante sur le vieux bâti à Annaba, puisqu’ils ont des spécialistes dans tous les domaines du bâtiment ; l’idée est de présenter une offre française unifiée qui soit intéressante par rapport à d’autres concurrents étrangers qui,  peuvent être moins chers au mètre carré, mais de moins bonne qualité. Nous comptons amener des technologies de pointe dans le domaine du bâtiment public et surtout effectuer un transfert de technologie aux entreprises algériennes partenaires  tout en offrant un volet formation pour les jeunes ouvriers hautement qualifiés. Moi-même je m’investirai, j’irai dans les écoles soutenir ces initiatives. Et avec l’Institut français, nous avons également pensé offrir à ces ouvriers des cours de français. Je pense que ça sera une offre globale  intéressante qui fera la différence avec d’autres concurrents qui ne voient que l’aspect purement mercantile des choses. 

Qu’en est-il du projet de construction du Lycée français à Annaba ?

Lorsque le président François Hollande est venu ici en Algérie en 2012, il a été effectivement envisagé la construction de lycées à Annaba et à Oran. Nous y travaillons toujours. C’est un projet qui m’est cher, qui est très cher à la communauté française ici, mais également aux Algériens. Toutefois si le projet se concrétise, il se fera à Annaba et non dans une autre ville de la circonscription.  Je fais partie des gens qui sont très intéressés puisque j’ai mon fils âgé de 10 ans qui suit des cours par correspondance et il préfèrerait aller dans un lycée avec des camarades de classe algériens (rires). Mais pour le moment, nous n’avons aucune date.

Venons-en précisément aux visas proprement dits. Combien de visas ont été délivrés au cours de l’année 2014 ?

En 2014, en termes de visas courts séjours qui constituent la grande majorité, ce sont 80 150 visas qui ont été demandés pour 57 067 délivrés, c’est-à-dire qu’on en a accepté environ 72%. On en refuse ici un peu plus qu’à Alger et à peu près autant voire moins qu’à Oran. Ce sont des disparités régionales parce que la composition socio-économique des différentes régions est différente. Les mêmes règles sont toutefois partout appliquées. 

Pouvez-vous expliquer les raisons du refus de visas aux demandeurs concernés ? Certains se plaignent qu’on ne leur a pas fourni de motif…  

Il y a plusieurs niveaux. Il y a ce que les gens savent et il y a la façon dont ils présentent leur cas. Et justement, il y en a qui ne présentent pas leur cas de manière complète et ça ne nous permet pas de juger. Ou alors, ils sont mal conseillés, contre rémunération parfois. Il y a aussi des gens qui mettent mal en valeur leur situation. Si le demandeur a déjà, par le passé, eu des visas et qu’il en a gardé des photocopies, c’est autant de chances en plus. En outre, il y a une question de stabilité socioprofessionnelle. Si, par exemple, un jeune veut aller en France voir la famille et qu’il est mineur mais que son père est ici et bien installé, il n’y a aucun problème. C’est toujours dans les cas où il y a des zones d’ombre, où il y a problème. Et après, c’est l’effet boule de neige. Une fois que quelqu’un a eu un visa, tout de suite on passe à la vitesse supérieure et cela tend très vite vers des visas pluriannuels.

Y-a-t-il des nouveautés prévues ou en cours pour cette année ?

Pour le Service des Français, nous allons mettre en place un système de rendez-vous par internet. Ce sera beaucoup plus agréable que l’actuel service téléphonique où certains de nos compatriotes se plaignaient parce qu’ils devaient parfois attendre longtemps avant qu’on leur réponde et arrivaient à des sommes très élevées de télécommunication. Nous passerons donc probablement pour début avril au rendez-vous par internet voire encore mieux à l’absence de rendez-vous pour certaines formalités, comme pour récupérer un passeport ou une carte nationale d’identité. On va faciliter ce genre de nouveautés et faire en sorte que les formalités ne soient plus une plaie. S’agissant du domaine des visas, nous mettrons tout en œuvre pour délivrer encore plus de visas en 2015 sans diminuer notre niveau de vigilance, mais en gardant à l’esprit que les relations humaines, la mobilité entre la France et l’Algérie ne sont égales à nulles autres. Pour le reste, nous mettrons l’accent sur l’économie, c’est-à-dire que dans chaque région, nous ferons ressortir les atouts des wilayas de la circonscription ;  il nous faudra trouver en face des partenaires en France, pas seulement à l’occasion de salons où rien n’en sort concrètement.  Il faut du concret. Nous ne sommes pas dans la macro-économie, qui s’attache à faire en sorte qu’il y ait un climat favorable aux échanges économiques entre les deux pays. En tant que Consuls Généraux, nous sommes là pour mettre en œuvre sur le terrain la diplomatie économique et faire se rencontrer des gens des deux côtés de la Méditerranée. 

Un dernier mot pour les lecteurs ?

 Tout d’abord, je suis un lecteur de tous les journaux de l’Est algérien parce que, depuis que je suis ici, je me considère avant tout comme un Annabi ou un Bônois (rires). Bien évidemment, je suis les affaires nationales de l’Algérie et internationales où la France est impliquée, mais, c’est vrai, j’ai un œil plus impliqué dans l’Est algérien et je commence donc par les affaires régionales et par votre journal, entre autres, qui parle de ces affaires. 

 lestrepublicain - 02 avril 2015  - Propos recueillis par Moufida B.


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Les Commentaires

"Merci, à la TV Française"

Merci à Georges Pernoud et à toute l'équipe de Thalassa pour leur reportage sur le littoral Algérien diffusé le vendredi 3 avril 2015, ce fut un magnifique reportage qui nous a rendu heureux et fier de notre pays et toute la vitalité de notre jeunesse.

Le résultat est à couper le souffle, avec des images aérienne époustouflantes un régal et un bonheur pour les yeux, et surtout des personnages avec des histoires extraordinaires des algériens et leurs joies de vivre et d'adorer leur pays.
Les plages algériennes sont racontées à travers quatre "ambassadeurs" Samia la monitrice de plongée, Mohamed le chanteur du Rai, Abdel le cuisinier d'Annaba et enfin de Karim l'écolo qui expliquait à des écoliers de prendre soins de la nature en leur faisant nettoyer la plage, sans oublier cette courageuse dame commandant à bord d'un bateau de pêche, et voir la remonter des ses filets remplis d'espadons, les mentalités changent et nous donnent de la gaité dans nos cœurs, le reportage se termine sur les plus belles plages du pays à Annaba sur la pointe du "Vivier" (Cap de Garde) avec notre ami le cuisinier Abdel et sa joie de vivre Bônoise autour d'un couscous au Mérou, encore un grand MERCI à THALASSA pour ce moment de bonheur partagé.

Pour revoir le reportage TV5 le 10 avril.
moi aussi !!!!je felicite Georges Pernaud pour avoir choisi de passer en revue la cote algerienne dans son emission talassa. comme quoi, notre cote est tres chaleureuse et repond aux besoins de tous. on decouvre les grottes manifiques dans la region de la coquette. un cuisinier joyeux qui a fait chanté les foouneaux avec un paila et un couscous. franchement, pour beaucoups d'entre nous c'est une decouverte de tres beaux paysages sur les 1600 km de cotes. merci pour FR3
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