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Ramadhan à Annaba : Dur pour les petites gens

Publié le 04/09/2008

Au premier jour de ramadan, le centre urbain de la commune du chef-lieu de wilaya est bloqué de 11h à 17h00. Ce ne sont pas les policiers qui interdisent la circulation automobile dans les principales artères de la ville, les plus denses et les plus agitées, comme Souidani-Boudjemaâ, El Hattab, la Colonne, Marché couvert, Emir Abdelkader, mais les consignes des responsables de la wilaya qui semblent avoir décidé de laisser l’anarchie s’installer.
Grouillants d’activités, ces quartiers et cités sont devenus les souks les plus populaires de Annaba. Un mélange pittoresque de commerces licites et illicites offrent aux passants ce dont ils pourraient avoir besoin pour la rupture du jeûne. Sous l’impulsion des spéculateurs et en l’absence de régulation et de contrôle, les prix proposés dépassent l’entendement. Tout ce qui fait le ftour, du blé pilé (frik) aux viandes rouges et blanches, concentré de tomates, épices et herbes aromatiques, le nécessaire pour la préparation du bourek (viande hachée, fromage, diouls, olives, harissa) est soumis à majoration. La veille déjà, le lait et le petit-lait conditionnés en sachet, les œufs et le poulet ont disparu des étals. Ils ont été stockés en prévision du début de ramadan pour être majorés de 30% à 50%. «Les éleveurs ont des difficultés d’approvisionnement et l’activité avicole a été difficile cet été», se plaisent à répéter les animateurs du secteur. La vaisselle de production nationale ou made in est présente en force dans les magasins ou chez les vendeurs à la sauvette. Il ne s’agit pas d'un signe de prospérité mais d’une ambiance coutumière durant le mois sacré du ramadan. Les perspectives ambitieuses sont mises de côté même si le wali et les membres de son conseil exécutif ont entamé, dès le premier jour du ramadan, une série de visites de travail et d’inspection dans les 12 communes. Le temps d’une journée, les responsables locaux ont oublié la pression de la ville. Ce lundi donc, ils se sont imprégnés du quotidien de la population de Aïn Berda. Le titre longtemps évoqué de Aïn Berda, réserve alimentaire de Annaba, n’est plus valable aux yeux de ses habitants. Ils avancent pour preuve les 580 tonnes de pomme de terre jusqu’ici stockées dans les chambres froides en exploitation dans cette daïra à vocation agropastorale. Ils ont estimé que cette quantité est très insuffisante par rapport à la production agricole et aux capacités de stockage des chambres froides existantes. A Aïn Berda, la mise en route d’un programme de solidarité APC/Direction de l’action sociale pour la distribution des aides aux familles nécessiteuses ne fait pas l’unanimité. «Nous avons besoin d’emplois pour nos enfants et non de dons pour subsister durant le Ramadan», répètent les habitants de cette daïra. A Aïn Berda, le nombre d’emplois y compris dans le secteur de l’agriculture a fortement décru. Il n’y a pas eu de revendications à l’image de celle du droit au logement de quelque 2000 demandeurs. Le développement communal semble appartenir au passé. C’est en dilettante que l’on applique le PCDE. Des 38 projets à réaliser dans ce cadre pour un montant de plus de 260 millions de dinars, le 1/4 seulement a été concrétisé, soit 28,16% des crédits de paiement. En tout cas, la population de Aïn Berda paraît se préoccuper plutôt du nécessaire pour alléger le poids du jeûne. C’est le même sentiment qui prévaut dans la commune chef-lieu de wilaya de Annaba. Cependant, cette dernière doit aussi faire très attention à ces groupes de délinquants aux aguets dans les lieux et places du commerce des produits spécifiques au ramadan et l’habillement pour la rentrée scolaire. Rencontré alors qu'il se rendait au marché couvert, de nouveau encombré de vendeurs et d’acheteurs avec leurs produits et leurs couffins, Youssef, fonctionnaire dans une administration de la wilaya, admet : «Les petites gens sont fatiguées de porter seules toutes les misères de la crise socioéconomique qui perdure chez nous. Ils veulent du travail. Mais rien ne bouge et les responsables semblent être incapables de faire démarrer un processus réel de relance économique. Pour ce ramadan, ils essaient de survivre et ne parlent de perspectives du pays que lorsqu'on les interroge pour dire qu’ils ont assez de vivre de promesses sans lendemain. » Du côté du bidonville de Sidi Harb, une rumeur s’amplifie. Elle porte sur une attribution de logements sociaux que la wilaya s’apprêterait à lancer dans les prochains jours.

Le soir d'Algérie > 04/08/09 > A. Djabali


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